En phase de recrutement, les hard et soft skills sont examinées de près. Ces compétences qui définissent vos savoir-faire et savoir-être, peuvent faire la différence lors d’un entretien d’embauche, encore faut-il savoir les valoriser. Depuis peu, la mad skill : le savoir-oser, vient compléter une liste de critères de sélection de plus en plus exhaustive. Ainsi, le recrutement s’adapte et se réinvente au gré des attentes et besoins des entreprises. Dans cet article, on fait le point sur ces compétences. Sont-elles devenues nécessaires pour décrocher un emploi tant convoité ?

La petite histoire

En 2009 à San Francisco, Google créé le projet oxygène. Il s’agit d’une étude interne permettant d’analyser quelles sont les compétences qui rendent un manager plus performant. L’entreprise s’aperçoit que les compétences relationnelles apparaissent en premier lieu. Parmi celles retenues on retrouve : l’empathie, la communication, la confiance, le sens critique et la résolution de problèmes spécifiques. Cependant, les compétences techniques se retrouvent en fin de liste. La maîtrise du codage, de l’ingénierie en passant par les statistiques ne suffisent plus à convaincre un employeur. La performance d’une entreprise se traduit aussi par sa culture et sa philosophie de vie.

Les mad skills sont également issues de la Californie. Nul besoin de rappeler que la Silicon Valley est le berceau de l’innovation et fait preuve d’avant-gardisme en termes de recrutement. En effet, si elles veulent perdurer, les startups doivent recruter vite et bien. Avec des contrats d’une durée moyenne d’un an et sept mois environ*, les jeunes pousses de la Valley renouvellent leurs ressources humaines pour garder le cap de la compétitivité.

La valorisation de ces compétences est essentielle

Généralement lue en diagonale car peu significative, la case hobbies de votre CV doit être retirée ou au contraire valorisée. C’est à cet endroit que vous devez mettre en exergue votre singularité et vos compétences folles, dans un premier temps. Puis, viens la phase de l’entretien, qui est l’occasion de vous démarquer et de dévoiler vos valeurs profondes qui pourraient être mises au service de l’entreprise. En plus d’analyser un parcours professionnel, les recruteurs peuvent retranscrire vos accomplissements personnels en fonction des divers missions confiées.

Prenons l’exemple d’un salarié qui réalise de la mécanique après ses huit heures de travail. Au premier abord, cela reflète une passion certaine mais aussi une envie de résoudre des problèmes, faire preuve de créativité et une perspicacité sans relâche. Les recruteurs sont friands de la capacité d’apprentissage rapide d’un futur collaborateur.

Les entreprises sont en recherche permanente de profils atypiques pour parer à la concurrence de plus en plus rude. Même si les compétences d’un candidat ne correspondent pas tout à fait à celles décrites dans l’offre, l’entreprise sera à même de l’embaucher dans l’optique de fédérer les synergies de ses différents collaborateurs.

? Cette compétence folle peut être perçue comme un nouvel et énième argument marketing RH. Mais ne vous y trompez pas, toute expérience et compétence différenciante est toujours bonne à partager avec le recruteur si elle peut vous permettre de faire la différence face à un autre candidat. Ces skills peuvent vous aider à mener à bien vos futures missions et révèlent votre côté « doer».

Des compétences complémentaires 

Voici un récap des différentes compétences citées jusqu’à présent :

Les hard skills s’apparentent aux connaissances théoriques et compétences pratiques. Acquises durant votre cursus académique et vos expériences professionnelles, elles sont quantifiables et mesurables. Elles se basent sur la technicité des missions réalisées et le résultat de travaux menés. Convoitées par les entreprises, elles permettent de maintenir la compétitivité d’une entreprise.

Les soft skills sont liées à la personnalité et au caractère d’une personne. Elles sont donc propres à chacun et permettent de faire la différence par rapport à un autre candidat lors d’une phase de recrutement. Difficilement mesurables, elles sont cependant appréciées par les recruteurs, car elles sont le reflet d’une personne et en dit long sur le futur collaborateur que vous êtes !

Les mad skills ou appelées aussi « compétences folles », font référence à une compétence atypique, un talent original ou une activité créative remarquable. Il s’agit d’une compétence pour laquelle vous êtes doué ou que vous pratiquez en dehors de votre travail. Même si la différence avec les soft skills est mince, celles-ci sont plus rares et donc plus attrayantes aux yeux des recruteurs.

Mettez toutes vos chances de côtés en valorisant vos 3 types de compétences : vos hard skills rassureront, vos soft skills prouveront votre capacité à vous intégrer et enfin vos mad skills indiqueront votre capacité à penser et à agir « outside the box ».

?Nous vous conseillons de les lister afin de visualiser lesquelles sont à mettre en avant lors d’un entretien d’embauche. Reprenez les missions et compétences requises de l’offre pour tenter de trouver les compétences qui faciliteront la réalisation de celles-ci. Attention toutefois à garder une certaine cohérence avec l’emploi pour lequel vous postulez. Si vous canalisez votre stress à 30 mètres de haut lors d’une séance d’escalade, ça ne veut pas forcément dire que vous le canaliserez durant la période bilan !

Des compétences au service de secteurs d’activités restreints

Comme vous l’aurez compris, les mad skills révèlent une partie de votre personnalité et illustrent vos points forts afin de marquer l’esprit du recruteur lors d’un entretien. Cependant, la recherche de ces compétences ne s’applique pas pour tous les corps de métiers. Sans surprise, celles-ci sont convoitées majoritairement par les entreprises tech qui requièrent créativité, innovation, croissance rapide et surtout de la madness sans limite ! Ces compétences peu conventionnelles ne sont donc pas systématiquement nécessaires. De plus, une compétence extraordinaire perçue par un employeur peut être vue comme une hard skill par un autre.

Les méthodes de recrutement évoluent : jeux de rôle, escape game, hackathons… Autant de scénarii possibles pour détecter vos capacités d’adaptation, leadership, créativité, etc.

?Les mad skills font partie d’un recrutement innovant et de plus en plus d’entreprises s’essaient à ce genre de pratiques, Startups, TPE/PME, grands Groupes, etc. Ces nouvelles méthodes viennent pallier le trop plein de conformité pour certaines structures, avec des processus de recrutement lourds et peu agiles qui peuvent à long terme nuire à leur compétitivité. C’est pourquoi l’intégration de nouveaux collaborateurs avec des compétences nouvelles et des idées fraîches est nécessaire et judicieux pour elles.

Sources :

*Etude menée sur les 10 startups de la Silicon Valley par Paysa en 2017

Barabel Michel, 2016, L’avènement des compétences dites “mad skills” : comment la fonction RH doit se réinventer ? Parties 1, 2 et 3. LinkedIn

Laidet Sylvie, 2019, Quels mad skills intéressent vraiment les recruteurs ? Cadre Emploi

Louit Faustine, 2019, 7 questions pour comprendre (ENFIN) les Mad Skills, 7×7